Retour sur l’évènement « La Force des Réseaux II »

Posté le 11/12/2014 · Posté dans Les News

LES RÉSEAUX « FRANCO-MAGHRÉBINS » S’ORGANISENT !

2 années déjà que Select Maghreb organise cette grande soirée networking franco-maghrébine. Jeudi 27 novembre, à Paris, le défi a été de rassembler 16 réseaux franco-maghrébins. L’objectif : permettre l’échange, la cohésion et une unité entre ces diverses organisations.
Les réseaux : Force ou faiblesse ? Telle est la question que l’on peut se poser. Pour Jamila Zeraoui, co-fondatrice du réseau franco-maghrébin Select Maghreb, il n’y a aucun doute. Le réseau est une réelle force. Que ce soit pour trouver un emploi, un stage ou une expérience diverse, ce mode d’organisation semble avoir fait ses preuves. Et pourtant, s’il a toujours existé, la communauté maghrébine, elle, peine encore à s’organiser en réseau. Du moins, c’est ce que l’on pense. Mais force est de constater que plusieurs réseaux franco-maghrébins existent bel et bien.

Pour pallier à cet écueil de l’information et de l’isolement, Jamila Zeraoui, a décidé d’organiser la 2ème édition « La Force des Réseaux », jeudi 27 novembre au Théâtre Le passage vers les étoiles, à Paris. Cette jeune chef d’entreprise a créé en octobre 2011, un réseau professionnel « pro-maghrébin ». Près de 24 événements ont été organisés, principalement dans la capitale, avec plus de 1200 participants. Cet engouement n’a pas échappé à cette spécialiste des réseaux. Elle constate par ailleurs, que de nombreuses personnes ne connaissent pas l’existence de ces associations. Elle décide donc de créer cet événement networking afin de permettre à la communauté de faire le tour d’horizon des réseaux qui existent : « dans un premier temps, le but est d’apprendre à connaître ces réseaux, faire connaître leurs activités, et puis voir comment on peut travailler ensemble sur des synergies communes ».

 

Pour parrainer cet événement, Jamila Zeraoui, a fait appel à trois personnalités aux parcours d’excellence. Aïcha Mokdahi, Présidente Essilor Vision Foundation, Azzedine Taibi, maire de Stains et Abdelhak Kachouri, Vice Président Région Ile-de-france, en charge de la Politique de la Ville, n’ont pas hésité à répondre par l’affirmative à cette invitation.

Aïcha Mokdahi, première femme Franco-maghrébine à siéger au conseil d’une entreprise du CAC 40, est une habituée de ses soirées d’échange et d’entraide. Elle est convaincue que le réseau est un pouvoir qu’il ne faut pas négliger. « Pour ma part, j’ai répondu à l’invitation de Jamila car je crois en la force des réseaux pour notre communauté franco-maghrébine. Je pense que c’est une très belle initiative d’avoir regroupé ce soir, toutes ces associations et réseaux. L’objectif de cette soirée et je le souhaite absolument c’est qu’on puisse, non pas, laisser toutes ces associations chacune dans leur objectif ou ses spécificités, mais plutôt de créer des ponts communs. Essayez de se retrouver régulièrement et construire véritablement. Chacun représente une goutte d’eau mais tous ensemble, ils peuvent représenter un océan et un océan, c’est un pouvoir, une force ».

 

Pour Azzedine Taibi, le maire de Stains, dans le département de Seine-Saint-Denis, c’est une première. « C’est la première fois que je réponds à une telle invitation. Il se trouve que j’ai beaucoup d’amis qui fréquentent ce réseau. Et pour moi, c’est une manière à la fois de faire part de mon parcours d’élu et de militant engagé. Certainement aussi de découvrir d’autres parcours. Par ailleurs, je reste persuadé que le fait de se mettre en réseau et de découvrir celles et ceux qui ont aussi des parcours atypiques dans d’autres domaines, nous aident à peut-être comprendre dans quelle société nous évoluons. Cela nous aident aussi à créer des synergies, des manières de travailler ensemble à la fois sur l’aspect des réseaux que sur le rapprochement humain ».

Au menu de cette soirée, allocutions des parrains et organisation de deux tables rondes. Une première animée par Ahcen Meharga, conseiller municipal de Gennevilliers et membre fondateur du réseau Banlieue Plus. L’accent a été mis sur l’approche politique et sociétale du réseau. Une deuxième table ronde, animée cette fois par la journaliste Nassira El Moaddem, a développé l’approche économique du réseau.
Ces deux discussions ont permis au public de découvrir différentes organisations. Seize réseaux se sont retrouvés autour de la table pour se présenter et échanger. Parmi eux, le réseau Atlas : Algerian Talents et Leaders Association, fondé en 2010 par Kamal Addar. Ce consultant en stratégie et management, fondateur, du Cabinet Origin Partners, à Alger, souhaite faciliter l’intégration professionnelle des étudiants d’origine algérienne, issus de grandes écoles. Le mot d’ordre : Créer une nouvelle génération de leaders en mettant l’accent sur l’éducation. « Pour bouger les lignes, l’éducation est fondamentale, on ne peut pas y échapper. Si vous êtes un réseau de personnes qui ne comprennent pas le monde dans lequel ils vivent, qui ne sont pas autonomes financièrement, vous ne pouvez pas compter et peser. Vous n’avez pas le discours, vous n’avez pas la compréhension, et l’analyse adaptée pour répondre et challengée celles et ceux qui gouvernent ce pays, celles et ceux qui dirigent les entreprises. On a besoin de plus en plus, de gens de la communauté qui accèdent à des postes clefs. Le seul moyen est de faire des grandes études, et tenter d’être le meilleur. », explique Kamal Addar

Autre organisation autour de la table, les dérouilleurs. Zouheir Ben Terdeyet, décide de créer, le 14 janvier 2011, un réseau pour partager l’information. Pour lui : « Le but est d’essayer d’échanger l’information qui nous fait défaut. Lorsqu’on évolue en entreprise, on se rend rapidement compte que les postes les plus intéressants, ne sont jamais publiés. On trouve 10 000 annonces pour devenir développeur Java mais des annonces pour être journaliste ou travailler dans le marketing, il n’y en a pas. Si un rédacteur en chef recherche un stagiaire, il hausse la voix et dit : je cherche un stagiaire. Là, il aura 20 Cv mais l’annonce ne sera pas arrivée à nous. Maintenant qu’on est à l’intérieur des entreprises et qu’on a cette chance de d’être au fait de ces opportunités, on se doit de les partager. Pour cela, il faut se connaître et se rencontrer».
Un groupe Yahoo a été créé dans ce but, il y a 11 ans. Il réunit à ce jour près de 11000 membres. Un succès dû, selon Zouheir Ben Terdeyet, à la bonne volonté et à l’entraide.

Parmi les seize autres réseaux présents, Oumma Work s’est distingué des autres. En effet, ici, le vecteur commun est l’éthique et non la bi-nationalité ou le Maghreb. « Aujourd’hui, notre réseau est porté sur une nouvelle vision du travail, inspiré des pays anglo-saxons. Il s’agit de travailler et produire avec son éthique de manière assumée et décomplexée. Actuellement, on préfère mettre de côté son éthique car en entreprise, c’est une question qui fait peur. Nous, nous voyons cela autrement », explique Nadia Drissa, fondatrice d’Oumma Work.
Cette nouvelle structure, créé seulement en juin 2014, souhaite mettre en exergue les problématiques liées à l’éthique, auxquelles peuvent faire face les entreprises, afin de leur proposer des solutions adaptées.

« Quand j’ai travaillé à Alstom, des salariés ont souhaité pratiqué leur prière en entreprise. Ils ont formulé une demande auprès du service des ressources humaines. Après étude, leur demande a été acceptée. Nous trouvons cela formidable car ces salariés, travaillent et peuvent pratiquer leur éthique. Ils sont donc plus performants car ils ressentent un bien-être en entreprise. Et ce qui, en réalité, intéresse l’entreprise, c’est la performance des salariés et par conséquent, leur bien-être », souligne Nadia Drissa.

Actuellement, 150 entreprises sont référencées sur le site du réseau. Oumma Work semble, en effet, séduire les entreprises et les particuliers.

 

Plus de quatre heures d’échanges et une salle comble. Le public a, en effet, répondu présent. Ce sont, principalement des franco-maghrébins, qui ont fait le déplacement. Des jeunes venus chercher des réponses et découvrir cet univers des réseaux franco-maghrébins, encore méconnu par beaucoup. Amina, a 27 ans et est designer. Elle ne connaissait pas ces réseaux avant de venir. « Je suis venue par curiosité, pour voir ce qui se fait, voir les actions qui sont menées par les réseaux de la communauté maghrébine. Ce que j’entends me fait plaisir et me donne envie de suivre les actions menées. Et éventuellement si je peux aider, je le ferai », souligne-t-elle.

Amine Talakela, entrepreneur de 32 ans, a lui l’habitude de côtoyer les réseaux franco-maghrébins. « C’est une occasion de rencontrer des personnes avec des qualifications intéressantes dans l’objectif d’un recrutement au sein de ma société ou de faire des affaires, avec de futurs partenaires. Je viens aussi apprendre des personnes qui ont une expérience, qui ont réussi, et dont j’ai des choses à apprendre. Le réseau est un moyen extrêmement important et très efficace. Cela nous aide à rencontrer des personnes très compétentes et à développer de nouvelles opportunités ».

Si certains sont conquis par l’efficacité des réseaux. D’autres sont plus mitigés. Linda, jeune active de 27 ans et consultante, reste lucide sur le chemin à parcourir et l’ambition portée par les réseaux franco-maghrébins. « Le réseau communautaire pourrait être la solution mais il faut que les gens se fédèrent et soient sur la même longueur d’onde. Actuellement, ce n’est pas le cas. Que les avis et opinions divergent est une chose mais nous avons tous un socle commun et on l’oublie trop vite. Si les gens prennent conscience et cela commence à être le cas avec ce type d’évènements, effectivement le réseau communautaire sera un excellent levier professionnel. Je dirais que c’est un travail à court, moyen et long terme ».

 

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Nassira El Cherqui pour France Maghreb 2, partenaire de l’évènement « la Force des réseaux II »