Abderahman Hadj-Nacer
Ancien gouverneur de la Banque centrale algérienne

Intervenants

«J’écris, au seuil de la soixantaine et considérant ma formation et les fonctions que j’ai occupées je devrais sans doute livrer ici un livre d’économie, ne serait ce que pour dialoguer avec ces concitoyens persuadés que c’est la corruption et non l’absence de démocratie qui empêche le décollage économique du pays.

Ces réflexions personnelles vont pourtant au-delà, cherchant à cerner les mécanismes socio-historiques qui ont conduit notre pays à s’enliser et ses enfants à vivre en permanence avec, dans la bouche, un goût amer. Elles expriment aussi la conviction que, pour la première fois depuis le néolithique, « Thamezgha » peut influer sur son propre destin.

Cette prise de conscience, éclairée par notre Histoire, ne peut pourtant se faire que par la transmission. La conscience de Soi est absente du débat politique en Algérie. Notre désaccumulation ne se manifeste pas uniquement dans l’ingénierie, la gestion, la gouvernance mais aussi dans cette incapacité de nombre d’Algériens à ressentir et exprimer le respect de Soi, donc des autres.

Elle nous conduit à un règne sauvage où dominent les rapports de violence. Mais qu’a-t-on fait de nos enfants ? On ne leur a rien transmis. Voilà une des raisons pour écrire, maintenant. » A.H.

Inquiet de la situation actuelle, des blocages multiples qui persistent, Abderrahmane Hadj-Nacer livre une analyse sans concession de l’état de son pays. Il va un peu plus loin en proposant quelques pistes concrètes pour sortir de l’impasse.

Né à Alger en 1951, enfant de La Casbah d’Alger, Abderrahmane Hadj-Nacer appartient à une famille de lettrés de la vallée du M’zab puisqu’il est l’arrière-petit-fils de cheikh Teffayech et le cousin de Moufdi Zakarya.

Introduit très tôt, par son cercle familial, aux débats politiques et culturels du siècle, il n’a jamais cessé de s’intéresser aux questions les plus centrales de l’Algérie, du monde musulman et de la région méditerranéenne.

Des études à Namur et Louvain, après un passage à l’Ecole polytechnique d’Alger, lui ont permis de nourrir des réflexions et une carrière d’économiste et de banquier national et international. Il a fait ses premières armes au ministère algérien du Plan, puis à la Présidence de la République, ce qui lui a permis de participer activement à la conception et à la réalisation des réformes nécessaires à l’évolution de l’économie algérienne.

Il a donc été gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, conseiller pour le monde musulman à la Banque Lazard Frères et Compagnie, dirigeant auprès d’autres entités comme la Société marseillaise de crédit ou Natexis-banque populaire, à Paris.

Initiateur de la loi sur la monnaie et le crédit d’avril 1990, il est à l’origine de la création d’établissements financiers privés à Alger. Il dirige aujourd’hui, un holding à Paris (HBC), et est partenaire fondateur d’une banque d’affaires à Tunis (IM Banque).

Abderrahmane Hadj-Nacer est par ailleurs membre de groupes de réflexion internationaux. Ainsi, il est président du comité de parrainage politique et dirige, avec l’économiste Christian de Boissieu, le conseil scientifique de l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen).


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