Salem Fkir, Président de Cap Sud MRE

Intervenants

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Salem Fkir, Président de Cap Sud MRE

Entrepreneur et engagé associatif, Salem Fkir oeuvre pour le droit des MRE (Marocain Résident à l’Etranger).

À la suite d’une vague d’émigration Sud-Nord dans les années 50-60, ces dernières décennies ont vu apparaître une nouvelle tranche de population qui se reconnaît en trois lettres, MRE, Marocains Résidents à l’Étranger, d’ici et d’ailleurs, riches d’une éducation pluriculturelle, et qui devraient logiquement bénéficier d’une position sociale élargie leur permettant d’évoluer entre leur pays d’origine et leur pays d’accueil avec le plus grand naturel. Mais la réalité est toute autre… Loin d’avoir l’aisance de citoyens du monde, les MRE subissent plutôt l’incompréhension générale, voire le rejet, des deux côtés de la Méditerranée.

Plus de 50 ans après, le constat est là : il est urgent d’intervenir pour rétablir les liens naturels qui unissent les MRE à leur pays d’origine, à leur culture, à leurs racines. C’est dans cet esprit qu’est née « CAP SUD MRE », une association non lucrative, créée et administrée par des MRE en territoire marocain. Cette initiative pionnière est vouée à servir de pont avec les pays d’accueil, de tremplin aux investisseurs et surtout, à reconstruire des relations saines entre enfants d’un même peuple.

Retour aux sources… Nous sommes en 1955 et la France, en plein essor industriel mais affaiblie démographiquement par les deux récentes guerres mondiales, décide de faire appel à la main d’œuvre nord-africaine. Au Maroc, notamment dans la région du Souss (Agadir et alentours) des campagnes d’émigration sont organisées. Laissant femmes et enfants au pays, dans l’espoir d’y revenir avec les économies de leur labeur, des centaines d’hommes ont sauté le pas pour rejoindre le vieux continent, les mines de charbon du Nord-Pas-De-Calais, les industries automobiles de la région parisienne, mais aussi Bruxelles et Amsterdam…

Craignant la différence, les Européens de souche se tiennent à l’écart de ces nouveaux arrivants marocains qui vivent entre eux, cantonnés sur leur lieu de travail. Cette première génération a laissé son cœur au Maroc et travaille dans un seul but : amasser quelques économies et retourner auprès de la famille. Prenant conscience de cet état de fait, l’État français encourage le regroupement familial vers 1976. Nés en Europe ou arrivés très jeunes, les représentants de la 2ème génération grandissent et s’imprègnent des habitudes occidentales. Premier écueil, la différence de culture s’élargit entre la maison et l’extérieur. Au lieu d’être une force, cet écart a creusé un fossé d’incompréhension entre les jeunes et leurs aînés, mais aussi avec la société et avec leurs compatriotes au Maroc.


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